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Materner son enfant

Vous êtes à la maison, maman, bébé, papa....et vous apprenez à vous connaitre, à vous reconnaître. Que bébé soit un "grand téteur" ou un "grand dormeur", les premières semaines sont fatigantes pour toute la famille ; il vous faut vous habituer à un nouveau rythme, des nuits entrecoupées, et.....à aimer une petite personne en plus.

Se ménager
Les visites
Les conseils "des biens pensants"
Les "crises de croissance"
Materner le jour et la nuit
D'une maman à une autre : Texte de Françoise Jeurissen

Se ménager

Les premières semaines sont bien souvent les plus délicates. Un grand nombre de mères abandonnent l'allaitement dans le premier mois faute de soutien, d'écoute et d'informations avisées.
Au retour de la maternité, la mère subit souvent le "contre coup" de l'accouchement.

Fatiguée, sensible, les nerfs à fleur-de-peau, il lui est bien souvent difficile de retenir ses larmes tout au long de la journée alors qu'elle se dit avoir tout pour être heureuse....Sachez que cet état est normal, tellement de choses ont changé dans votre vie en quelques jours, vous passez de l'état de femme enceinte à mère ; de celui de fille, à mère ; d'un couple à une famille....N'essayez pas "d'en faire trop", reposez vous, passez du temps avec votre bébé, même pour le regarder dormir ! Le ménage, le repassage, la vaisselle...ça peut attendre, être fait par d'autres personnes, une aide ménagère...

Les visites

Une jeune mère reçoit bien souvent beaucoup de visites, tant à la maternité qu'à la maison. La présence du papa prend alors une dimension supplémentaire : Protecteur de sa famille.

C'est vrai qu'il est sympathique de recevoir du monde, des cadeaux, des compliments...mais trop de visites est bien perturbant et fatiguant après l'épreuve de l'accouchement, quand on manque de sommeil, ...et quand on a les seins qui ne demanderaient qu'à être soulagés alors que Mamiechose ne lâche pas notre petit trésor...Certains papas se feront un plaisir de demander à bellemaman d'écourter sa visite et de revenir plus tard....et pourquoi pas avec sa meilleure recette en plat familial à partager...Préservez vous ! profitez de ces moments uniques dans votre vie. Les premières semaines d'un nourrisson passent tellement vite que des années après, bien des mères ont cette sensation de ne les avoir vécues que dans un brouillard et un tourbillon de visites.

Les conseils "des biens pensants"

Si il y a une chose dont vous n'allez sûrement pas manquer dans ces premières semaines de votre nouvelle vie de parents, ce sont bien des conseils.

Tout le monde y va de son petit mot, de la plus jeune à la plus ancienne des générations de votre famille, de votre meilleure amie à la cousine du copain de la tante de votre ex.....tout le monde sait ce qui est bon pour votre bébé....n'est ce pas formidable ! Alors, l'expérience des autres oui, c'est très intéressant et formateur....mais peu-être peut-on essayer de garder en tête, au moins pour l'allaitement, que la copine qui a arrêté d'allaiter au bout de 2 semaines n'est peut être pas la mieux placée pour vous dire si votre bébé prend assez de lait...

En étant proche de votre bébé, à son écoute, vous êtes la mieux placée pour savoir ce qui convient à votre nourrisson.

Les "crises de croissance"

Elles sont à l'origine de nombreux sevrages précoces, pas sépcialement voulus par la mère et le bébé. Ces crises se produisent vers 10 jours, 3-4 semaines, 6 semaines, 3 mois et même parfois 6 mois.
Le bébé se met soudain à réclamer le sein beaucoup plus souvent, plus longtemps. Il semble souvent à la mère qu'elle n'a plus assez de lait. Il n'en est rien. C'est le bébé qui en réclame plus, pas la maman qui en a moins.

Pour que l'équilibre de l'offre et de la demande soit rétablit, il suffit de répondre à la demande du bébé en le laissant téter aussi longtemps et aussi souvent qu'il en a besoin. En 3 ou 4 jours, bien souvent moins, la production de lait de la mère est ajustée et le rythme des tétées se calme.

Materner le jour et la nuit

Pour ce sujet, ce n'est pas un simple paragraphe qu'il faudrait écrire, mais tout un livre...d'ailleurs il en existe un excellent que l'on peut se procurer auprès de la LLL : "Etre parents le jour...et la nuit aussi" du dct Sears.

Le nourrisson, à sa naissance, n'a absolument pas conscience des notions de jour et de nuit telles que nous les connaissons. Vouloir "régler" un bébé sur nos rythmes est complètement utopique et à l'encontre de ses besoins physiologiques. Il est bien souvent oublié que le nouveau né vient de passer 9 mois à être nourrit 24h/24 et bercé sans arrêts. Et si in-utéro il a bien perçu des moments où l'activité de sa mère et de son entourage, est différente, la nuit, le jour, les heures et les minutes sont des notions complètement abstraites pour lui. Seuls comptes ses besoins.
Que ce soit donc le jour ou la nuit, le bébé à besoin d'être nourrit, câline, porté, rassuré sans compter !

Pas toujours facile d'aller à l'encontre de nos préjugés, des idées familiales qui veulent qu'un bébé "fasse ses nuits" dès la sortie de la maternité, mange toutes les 3h30 et se taise le reste du temps.
Pas toujours facile non plus d'identifier quels sont les besoins du bébé de quelques semaines. Pour un bébé né à terme et en bonne santé, on peut, sans se tromper de beaucoup, dire que téter est un besoin qui revient le plus fréquemment. Lui proposer le sein n'est pas une réponse à tout qui va le "gâter" ou en faire un bébé boulimique, mais la réponse simple à un besoin simple. Un bébé qui ne souhaite pas téter, ne le fera pas. Il est impossible d'obliger un bébé à le faire si tel n'est pas ce qu'il souhaite, contrairement au biberon qu'il est si facile de glisser entre les lèvres du bébé qui détourne la tête...
Un autre besoin du petit enfant, et pas des moindres, est le contact. Ce besoin est déjà partiellement comblé par les tétées, mais un bébé peut n'avoir besoin QUE d'être dans les bras. Etre rassuré, câliné, savoir qu'il existe. Ce thème est plus longuement abordé dans la rubrique Portage.
D'autres besoins du bébé peuvent être simplement plus techniques : une couche sale qui le dérange, avoir trop chaud, trop froid, un vêtement qui le gratte, une étiquette qui le pique.

Puis l'on peut se poser la question d'un point de vue santé : un bébé qui pleure très souvent même ses besoins alimentaires et de contact comblés. Peut être gêné par un petit reflux, un érythème fessier, des petits soucis intestinaux, consulter d'autres mères ou un professionnel de santé peut être utile.
Encore une fois, nous insistons sur l'importance d'être à l'écoute des besoins du bébé. Nous entendons souvent des amis, de la famille nous dire : "Mais vous avez de la chance, elles sont faciles vos filles !" Est ce vraiment de la chance ? Et ce vraiment de la facilité ?

> IL FAIT SES NUITS ? LE SOMMEIL NORMAL DU BEBE ET DU JEUNE ENFANT
  par Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau
> 7 CHOSES QUE LES PARENTS DOIVENT SAVOIR A PROPOS DES PLEURS DU BEBE
  Dr. Sears.
> Et ce site consacré au sommeil partagé : Le cododo, ou dormir avec son enfant.


 
Un texte très touchant de Françoise Jeurissen, maman de 4 enfants.
"Il est étendu là depuis des siècles, des millénaires, à attendre qu'on vienne le délivrer.
Il ne sait pas - pourrait-il le savoir ? - quelle est la pire souffrance. La faim ? La peur ? La solitude ? Le froid ? L'impuissance ? Tout se confond sous le linceul glacé d'une indicible et abyssale angoisse. Angoisse de mort. Mais qu'est-ce que la mort ? Il n'en sait rien. Mais il le pressent dans ce morceau de lui qui remonte à la nuit des temps. Angoisse de finir là, d'y rester pour toujours, incapable de se mouvoir. Sa vie se diluant dans une éternité de douleur toujours reconduite. Son coeur, son ventre, son cerveau éclatant sous la cruelle et colossale violence des émotions ressenties, s'éparpillant dans ce vide, chavirant dans ce rien. Parfois il crie, il hurle comme un damné, pendant des heures et des vies entières. Pour rien, ou pour s'entendre vivre encore un peu. Même plus pour obtenir la douceur et la lumière, puisqu'il peut mourir tellement de fois au fond de son âme avant qu'elles ne reviennent. Puisqu'à chaque fois il oublie qu'elles peuvent exister. Et puis vient le moment où, exténué, il ne peut
plus que gémir spasmodiquement, sur une seule note faible et lancinante. Et la mélopée impuissante et désespérée finit par cesser de transpercer le silence épais de l'indifférence qui l'entoure. Ensuite il s'arrête, éperdu de douleur, la gorge incendiée, les yeux brûlants de sel, la poitrine hoquetante, la tête bourdonnante.Et l'instant se suspend, et l'espace se dilate et se resserre autour de lui, la terreur monstrueuse hésite à refluer enfin.Voilà que, du fond de son puits de souffrance, lui parviennent des bruits lointains. Des bruits joyeux, des bruits vivants, qui réveillent en lui l'écho d'une autre époque. Des bruits chauds et bons, qui le font redoubler d'appels éperdus, malgré les brûlures de son corps épuisé. Parce que ces bruits ont soufflé sur l'espoir qui survit au fond de son âme, et l'ont ranimé un instant. Mais, à bout de force, il consent à se taire enfin, figé dans la désespérance.Pour finir par sombrer, vidé, dans un sommeil hors du temps, dans un coma libérateur. Et là il peut replonger avec délices dans le souvenir des moments meilleurs. Il se souvient alors du chaud, du doux, du mou, de la félicité de son corps et de son âme, aux besoins tellement comblés qu'ils en étaient absents, de l'éternité bercée dans un océan de chaleur enveloppante, rythmée par le battement assourdi et rassurant du cour du monde. C'était une autre vie, un autre temps. Avant le cataclysme, avant le purgatoire. Il s'éveille à nouveau, se tord de souffrance, pulse de mille hurlements dévastateurs, explose en mille fêlures. Il se déchire, sent son corps et son esprit éclater un morceaux épars, impossible à rassembler. Il n'est plus un. Il n'a plus d'humanité. Son cerveau
trop meurtri va sombrer. Il n'est plus que douleurs et suppliques.

Et puis brusquement s'ouvre un pan de ciel, sur la lumière et la vie.
Soudain cesse pour un instant la torture, soudain s'illumine la nuit du grand silence de glace.
Soudain des mains le soulèvent, le caressent, le réchauffent. Un liquide chaud et revigorant lui inonde les lèvres, et puis la gorge, et puis le ventre. Il peut se laisser aller à la volupté des goulées qui le revivifient, le ressuscitent. La tendresse le submerge, son corps écartelé est enfin touché, reconstruit . il s'éclaire. Il redevient un. Il vibre à nouveau au son de la pulsation familière du cour du monde. Il se laisse caresser par sa voix, qui lui murmure des mots qui lui rendent la vie et la dignité. Il jouit et se berce sans retenue à cette voix aimée. Il est plein, il est rond, il est vivant autant qu'on peut l'être, il est confiance absolue.Il a déjà oublié la souffrance et l'angoisse. Déjà oublié la solitude et le vide.Il vit l'instant présent, aussi voluptueusement heureux qu'on peut l'être.

Et il ignore, heureusement, l'éternel recommencement de ce jeu cruel.
.- " Et alors, ça va mieux maintenant, il est moins difficile ? "
- " Oui, j'ai suivi tes conseils, et il s'arrête de plus en plus vite de pleurer maintenant . je crois qu'il a compris "
- " Je te l'avais bien dit. C'est comme ça avec les bébés. Si tu cèdes à tous leurs caprices, tu n'en finis jamais. Il est capable de savoir que tu as besoin de temps pour toi et qu'il doit devenir
autonome. "
- " Tu as raison. Après tout, il ne manque de rien dans son petit lit . "
 
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